Pilier du Souvenir, mini expé à une heure de Grenoble.


Cela fait maintenant presque deux ans que Sylvain Maurin nous en parle, une grande voie de onze longueurs pour clôturer un cycle d’artif qu’il fait vivre depuis deux saisons. Annulée en 2016 pour cause de météo très défavorable(!) nous nous étions réfugiés sous le toit du Bournillon.

Cette fois ça doit être la bonne.

Nous sommes donc six à tenter l’aventure, Romain Vanel, Thomas Badin, Sylvain Colomb, Hugues Lanteaume, Sylvain bien sur pour nous encadrer et moi. Nous avons trois jours devant nous, le rendez-vous habituel sur le campus est donc à un horaire tout a fait raisonnable : à 8 heure. Un peu en avance, on croise les “vrais” grimpeurs qui partent à Buis les Baronnies.

Après le plein d’eau et le tétris dans le coffre, nous rejoignons Sylvain à Presles pour préparer le matériel et les kits que nous emmènerons. On fait simple, pour chaque cordée : un petit kit (40l) avec l’eau et la nourriture pour les jours n°2 et 3, les gros kits (70l) avec le bivouac dont nous aurons besoin le premier soir. Un grand merci à Bernard Gravier qui a joué les taxi pour nous permettre de descendre à une seule voiture au départ du chemin.

Petit repas-briefing au bord de la route, puis 30 minutes de portage avec les kits de 20kg, nous voila enfin au pied du pillier. On a bien chaud en arrivant.

L’objectif du jour est de monter jusqu’au troisième relai pour la première cordée, le deuxième pour la suivante, et de hisser le petit kit. C’est Thomas qui attaque la première longueur, il est malade mais ça ne se voit pas encore trop. Sylvain M. et Romain le rejoindront en remontant sur les cordes, Romain déséquipant. Pour notre cordée, ce sera Sylvain C. qui s’y collera le premier.

On découvre l’équipement d’époque, fait de plaquettes artisanales (rouillées) sur spits auto-foreurs (rouillés).

Les premières suspensions sont un peu hésitantes, mais on oublie vite (lire : “on essaye de ne pas y penser”) et les deux premières longueurs sont “vites” enchainées en A0. Sylvain à quand même renouvelé quelques points dans L2 dont un où la plaquette ne “tenait” plus que par quelques millimètres de métal sain. Romain s’attaquera à la troisième longueur et conclura la journée.

 

Assez peu de place au pied de la voie pour dormir, une fois le repas finit nous laisserons donc Sylvain qui a trouvé où s’installer et nous irons bivouaquer un peu plus loin.

Le lendemain, la remontée à nos relais respectifs se passe mieux pour certain que pour d’autre, l’effort est inhabituel. Les hissages s’enchainent, et on se retrouve avec nos deux kits couplés.

Les deux dernières longueurs changent un peu de style, un peu plus de libre, un peu plus de traversée, elles semblent un peu plus dure à négocier. Le frottement de la corde de hissage aussi, même avec une bonne démultiplication on peinera à monter les sacs à R4.

Avec seulement trois longueurs faites dans la journée, le dernier atteindra la vire vers… 17h.

Pendant ce temps, Sylvain est parti équiper le début de la sortie pour le lendemain : un point météo nous a disuadé de tenter la fin de la voie et nous devrions nous échapper par la Grotte, a priori plus rapide. Le bivouac sera quant à lui installé sur la face est, la vire y est large et abritée par un bon surplomb: de la neige est annoncée pour la nuit.

Le vent qui se lève nous donne du fil à retorde pour faire chauffer l’eau de nos lyophs, éteignant plusieurs fois notre réchaud. Nous commençons à craindre qu’il ne s’arrête pas avant le début des précipitations : une nuit dans le vent ce n’est pas agréable, mais une nuit trempé encore moins.

On se couchera avec la tempête, mais il finira par tomber en milieu de nuit. On se réveil donc pas trop fatigués le lundi matin, pour découvrir une magnifique vue sur le plateau de Presles devenu blanc.

 

Le ciel reste chargé, de la pluie est encore annoncée, on décide donc de ne pas essayer de sortir par le haut et de rappeler depuis la gauche du secteur de la grotte.

La traversée de la vire avec les gros kits reste une bonne mission, et nous sommes contents quand nous arrivons tous en bas.

Il reste un peu de marche pour rentrer, mais peu importe. On a partagé trois jours sur le caillou, et pour ma part j’en veux encore !

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